Avec l’organisation des Jeux Olympiques d’été, la ville de Rio de Janeiro espère promouvoir la ville sur un rang international et devenir une « vitrine » du Brésil. C’est aussi un moyen d’améliorer et rénover les infrastructures, ainsi que les réseaux de communication.

La ville de Rio de Janeiro est le miroir des inégalités et défis que traverse le pays : urbanisation chaotique, manque d’infrastructures, transports publics défaillants, insécurité, pollution…

« C’est à cause de tous ces défis que la candidature de Rio a été retenue pour les Jeux Olympiques ».

– Eduardo Paes (pour le Monde), maire de la ville –

Les grands chantiers de transformation :

Lorsque Rio de Janeiro est élue en 2009 par le CIO (Comité International Olympique), un vent de renouveau souffle alors sur la ville. Les JO représentent une occasion inespérée de lancer de grands chantiers de transformation.

Tout d’abord, les transports, insuffisants et saturés ont été largement améliorés. L’Etat de Rio a construit 4 lignes rapides de bus, dont 3 qui relient les sites olympiques, également une nouvelle ligne de métro reliant le  quartier Sud-Ouest Barra da Tijuca au centre-ville en un peu plus d’une demi-heure, pour deux heures et demies auparavant.

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L’amélioration des transports et les quartiers concernés. Crédit : Le Monde

Les Jeux Olympiques ont aussi entraîné une revitalisation de la zone portuaire. Jusqu’alors une zone de circulation avec un viaduc de quatre voies longeait le port et peu de Cariocas s’y aventuraient. Aujourd’hui, c’est devenu un lieu de promenade familiale enrichi par la création du Museu do Amanha (« Musée de demain ») par l’architecte Santiago Calatrava.

De plus, selon un sondage publié dans le journal brésilien « O Globo », 60% des Cariocas estimaient, avant les JO, en 2015, que l’événement serait un succès, tirant bénéfice de tous ces grands travaux : un système de bus plus performant, un éclairage public rénové avec les dernières technologies LED ou encore la construction d’une bande cyclable le long du front de mer.

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La zone portuaire et le Museu do Amanha. Crédit : L’Opinion.fr

L’amélioration de la qualité de vie des habitants : 

Lorsque le président du Brésil en 2009, Luiz Inacio Lula Da Silva engage la candidature de Rio pour accueillir les JO en 2016, celui-ci promet de nombreuses choses, notamment le nettoyage de la baie de Guanabara, alors très polluée. Il promet une dépollution de 80% des eaux avec un budget alloué de 4 milliards de dollars, laissant présager une nette amélioration de la qualité des eaux et du paysage.

Egalement, depuis 2008, face à l‘insécurité ambiante, en particulier dans les favelas, l’Etat de Rio a mis en place des Unités de Police Pacificatrice (UPP) dans plus de 40 favelas. Elles surveillent strictement les populations et visent à désarticuler les groupes qui contrôlent ces territoires sous forme d’Etats parallèles. Notamment les cartels de drogue très influents dans les favelas maintiennent un climat d’insécurité. Depuis la mise en place des UPP dans les favelas, une chute de 65% du nombre d’homicides a pu être observé.

Un vaste programme de sécurité a également été mis en place dans toute la ville. 85 000 professionnels des différentes forces des gouvernements fédéraux et municipaux de l’Etat de Rio ont été mobilisés. Ils seront épaulés par les services de sécurité de nombreux autres pays pendant toute la durée des Jeux.

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Des UPP dans une favela de Rio. Crédit : visionbrésil.wordpress

La ville, a également lancé la construction de « murs écologiques » le long de l’autoroute qui mène à l’aéroport autour de 13 favelas, afin de contenir leurs expansions et ainsi protéger l’environnement.

Cependant, ces vastes chantiers ont entraîné de multiples destructions de favelas. Pour y remédier, un programme d’habitation pour aider les plus modestes intitulés « Minha Casa Minha Vida » (Ma Maison, Ma Vie) a été lancé en 2009.

L’impact sur le tourisme et l’emploi : 

L’un des avantages a avoir choisi Rio comme ville organisatrice des Jeux est aussi l’occasion de montrer la Cité Merveilleuse, sous un nouveau jour :

  • La ville, très charismatique, bénéficie d’un panorama extraordinaire. Les 1600 photographes accrédités pour les Jeux seront ainsi placés à des endroits stratégiques définis par des professionnels du comité Rio 2016, pour saisir les meilleures images des sportifs, et au passage des paysages Cariocas. Ceci, afin de promouvoir la ville aux yeux du monde entier.
  • C’est aussi un moyen pour les favelas de montrer un nouveau visage d’elles-mêmes. Elles deviennent des lieux de découverte touristique, une des particularités culturelles du pays. Plus particulièrement pendant ce temps des JO, où des visites sont organisées dans les favelas. Des dîners et des locations chez l’habitant sont proposés, ceci afin de montrer cette autre facette de la ville mais aussi du pays.
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Le Christ rédempteur surplombant la baie de Rio. Crédit : Nanook webzine

Les Jeux Olympiques ont ainsi permis de créer des emplois : sur les chantiers, étant donné l’ampleur des travaux, de nombreux ouvriers ont ainsi été recrutés. Cela a également créé de nouveaux emplois dans la police, dans les UPP, mais aussi cela a généré des postes dans le tourisme.

Face à l’ampleur de l’événement, de nombreux touristes étrangers sont attendus pour assister aux Jeux. Ainsi, le Brésil prévoit une hausse de 6% du nombre de visiteurs dans le pays pendant l’année des JO. L’impact touristique semble donc bénéfique d’autant plus que 88% des touristes étrangers disent prévoir de revenir au Brésil ultérieurement.

Après le mondial de football en 2014, l’événement est censé couronner l’ascension du pays et son assise internationale. Le 30 juillet, le président du Brésil par intérim (aujourd’hui élu), Michel Temer déclarait que l’événement serait capable de :

« Faire en sorte que le Brésil fraternise (…) mais aussi de révéler le Brésil aux yeux du monde entier ».

De plus, lors de l’inauguration du village olympique le 5 juillet 2016, il a appelé à la « pacification du pays » avant de souhaiter que ces Jeux « montrent au monde une nation à la démocratie consolidée ».

Pas facile, quand on sait que l’ancienne présidente Dilma Rousseff vient d’être destituée, pour sa potentielle implication dans le gigantesque et très complexe scandale de corruption Petrobras. Celle-ci accuse cependant Michel Temer, son ancien vice-président, de l’avoir écartée du pouvoir pour prendre sa place par un Coup d’Etat dissimulé, reposant sur de fausses accusations.

Les JO s’annoncent donc plus difficiles que prévu dans un scandale de corruption et de suspicion qui règne au sein même de l’Etat et un tableau entaché par d’autres complications…

 Pour résumer :

La décision de réaliser les JO au Brésil était de donner un coup de projecteur au  pays et à la ville de Rio de Janeiro et ainsi de lancer une nouvelle dynamique économique et sociale au travers de grands chantiers, d’amélioration des conditions de vie et de stimuler l’économie et le tourisme. Toutefois, le contexte notamment économique social et politique s’est dégradé entre 2009 et 2016 et finalement entre le rêve et réalité … il y a eu un désenchantement.

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