Pour conclure…

        Il est vrai que d’un point de vue économique, le Brésil a connu un fort développement. C’est certainement ce critère qui a poussé le Comité International Olympique (CIO), à choisir la ville de Rio de Janeiro et lui confier la lourde tâche mais aussi l’honneur d’accueillir les Jeux Olympiques de 2016. Le défi à relever était d’autant plus grand que ces Jeux devaient être un triomphe. L’enjeu était d’améliorer l’attractivité du pays, contribuant ainsi à le promouvoir sur la scène internationale, et le dépêtrer de ce marasme économique. Et qui dit accueil de JO dit investissement en infrastructures et retombées touristiques. Un budget considérable (12 milliards de dollars) a été consacré à la construction d’un « nouveau Rio ». Pourtant cela n’apportera à l’économie brésilienne qu’environ +0,05 point de croissance du PIB en 2016.

Le Brésil fait face depuis plusieurs années à une forte instabilité politique et économique. Des déséquilibres structurels, et une ségrégation socio-spatiale marquée l’ont plongé dans une forte récession. Alors que ce grand événement avait pour principal objectif de résoudre ces précarités il n’a fait qu’accentuer les inégalités et donc un malaise social déjà présent. Cela se matérialisera par un accroissement de la dette publique, une hausse des défaillances d’entreprises à l’échelle locale, et la création de pressions inflationnistes supplémentaires et durables.

Du coté social, il faut aussi noter que l’émigration des populations cariocas les plus pauvres loin du centre ville et des sites olympiques n’a fait qu’accentuer une ségrégation socio-spatiale déjà très présente. De plus, Rio perd de son identité locale et de son authenticité depuis que les habitants des favelas ont été chassés vers l’ouest.

Enfin les infrastructures comme les lignes de bus créés pour les JO se révèlent davantage utiles pour les populations aisées puisque celles-ci desservent majoritairement les complexes olympiques tous situés à proximité des « beaux quartiers ». Encore une fois à Rio ce sont les classes sociales les plus aisées qui sont avantagées au détriment des populations défavorisés qui restent plongées dans l’ombre.

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Crédit : Le Monde

Organiser les Jeux Olympiques est un honneur et un privilège pour le prestige de l’événement. Toutefois, au regard de l’attendu dans le dossier de candidature, les exigences poussent les pays à entrer dans une véritable surenchère de projets tous plus grandioses et onéreux les uns que les autres. Entre 2009 et 2016, la ville de Rio de Janeiro a perdu en pouvoir économique et financier. Les projets proposés étaient si ambitieux qu’une bonne partie des promesses n’ont pas pu être tenues. Rio de Janeiro aurait-elle connu, elle aussi, la malediction des Jeux Olympiques ??

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