En plus des difficultés du Brésil dus à l’organisation des  JO de Rio de Janeiro, d’autres problèmes indépendants de l’événement sportif se sont ajoutés.  De quelle nature sont ces complications qui pourraient  véritablement en bousculer l’organisation ?

1) Le virus Zika :

Ce virus responsable de la fièvre Zika chez l’humain a été observé pour la première fois en Ouganda en 1947. Il est transmis par la piqûre d’un moustique infecté ou bien par relation sexuelle. L’infection entraîne chez le patient, de la fièvre, des douleurs articulaires… mais il est surtout un fléau chez les femmes enceintes puisqu’il provoque, pour le fœtus, une microcéphalie (malformation grave et irréversible du crâne) et un risque de syndrome de Guillain-Barré chez la mère. Malheureusement, il n’existe aucun traitement spécifique pour Zika. Présent dans les régions tropicales d’Asie et d’Afrique, le virus est aujourd’hui considéré comme émergent et il provoque depuis 2015, une épidémie sur le continent américain…

C’est en février 2016, que l’OMS (organisation mondiale de la santé) annonce que le virus Zika constitue « Une urgence de santé publique de portée internationale ». Ainsi, elle charge ses experts d’évaluer l’impact qu’aurait la propagation de celui-ci sur les JO de RioDes équipes de l’ONU se rendent 4 fois au Brésil afin de rassembler davantage d’informations sur la situation actuelle et d‘évaluer le niveau de risque encouru, pour les athlètes et les spectateurs attendus pendant aux Jeux Olympiques d’été.

En dépit de ce risque, en mai 2016, les autorités brésiliennes décident de maintenir les Jeux. Le nombre de cas détectés est alors en baisse et les brésiliens semblent développer une immunité. De plus les JO se déroulent pendant l’hiver austral rendant, à cette période, le moustique tigre peu invasif.

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Crédit: twitter

L’actuel numéro 1 mondial masculin, le Serbe Novak Djokovic, a estimé « impensable d’annuler les Jeux ».
« Bien sûr, nous devons faire preuve de bon sens, la santé est ce qui compte le plus pour tous ceux qui seront là-bas. Mais nous ne devrions pas seulement penser aux personnes qui viennent à Rio. Que dire de ceux qui y vivent, vous voyez ? On ne parle pas tellem
ent d’eux.»

– Le Monde –

2) La menace du terrorisme:

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Crédit: Presse dz

En dépit de la grande distance entre le Brésil et le Moyen-Orient, le pays a été une véritable cible de l’État islamique. Ce pays majoritairement chrétien (65 % catholiques, 22 % protestants) ne compte alors qu’une petite communauté musulmane rassemblant des descendants d’immigrés syriens, libanais et palestiniens.

Le brésil malgré sa neutralité, a dû faire face à des menaces d’attentats en ces temps de JO via Twitter, de la part de membres de l’organisation état islamique.  En juillet 2016, dix jeunes seront arrêtés et suspectés pour avoir préparé un attentat durant les JO, avant que d’autres partisans ne soient signalés la même semaine. Ces jeunes (dont 1 mineur) appelés « Défenseurs de la Charia », avaient prêté allégeance à l’organisation état islamique par le biais d’internet et devaient se fournir des armes… Chacun de ses inculpés étant brésiliens, il semble que le groupe terroriste ait tenté de s’implanter dans la baie de Guanabara.

Ces agissements sont rattachés à la récente apparition d’une plateforme sympathisante de Daech qui, pour exercer sa propagande, diffuse en arabe, anglais et portugais des messages cryptés. Le but est, d’organiser des attaques individuelles lors de l’événement tant attendu, en utilisant comme référence la prise d’otages et le meurtre d’athlètes israéliens réalisés en 1972 à Munich. Les autorités ont rapidement réagi ce qui a évité tout incident.

Les jeux ont ainsi mobilisé près de 85.000 membres des forces de sécurité, dont 47.000 policiers et 38.000 militaires, assurant ainsi la sécurité des athlètes comme celle des spectateurs et des journalistes à Rio. Notons que le pays a reçu le soutien des forces de l’ordre d’autres pays pour protéger les nombreux athlètes et visiteurs.

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Crédit: PRI

3) Les manifestations:

A Rio, la situation est critique car l’Etat de Rio est en faillite. Le déficit budgétaire atteint 5,2 milliards d’euros avec une dette de 1,8 milliards d’euros envers l’Etat Fédéral et il doit recevoir une aide financière pour clôturer l’organisation des JO… Le gouvernement de Rio a du mal à subvenir à ses besoins : les fonctionnaires ne sont plus payés depuis plusieurs mois , les hôpitaux sont débordés et manquent de produits de soins …

Par exemple en 2016, les fonctionnaires en charge de la propreté ne reçoivent plus leur salaire depuis quelques mois. Néanmoins, ils ne sont pas les seuls…

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Les fonctionnaires non payés font la queue pour un repas. Crédit: Tribune de Genève

En juillet 2016,  les touristes sont accueillis par des centaines de forces de l’ordre qui manifestent pour dénoncer leurs conditions de travail.

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« Coalition de la police civile ». Crédit: Le Point

Par des pancartes: « Bienvenue en Enfer ! » ou « Les policiers et le pompiers ne sont pas payés. Celui qui vient à Rio n’est pas en sécurité », ils souhaitent interpeller et sensibiliser les visiteurs sur la situation déplorable des agents publics, dès leurs arrivé à l’aéroport. Ils veulent choquer ! Ils n’hésitent pas non plus à disposer, devant les touristes, des mannequins barbouillés de faux sang. Ils représentant les 54 policiers tués cette année à Rio de Janeiro avec des écriteaux: « Ne vous inquiétez pas, 54 policiers seulement ont été tués en cette année olympique » et « SOS police ».

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« Certains postes de police n’ont même plus de papier hygienique« . Crédit: L’Express

A cela s’ajoutent les manifestations des habitants de Madureira, un quartier de minorités ethniques à Rio de Janeiro. Ils sont descendus dans la rue pour protester contre les violences policières : la police a récemment tué cinq adolescents noirs qui n’étaient pas armés.

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Crédit: Sputniknews

Pour résumer :

Risques sanitaires, menaces terroristes, faillite de l’Etat, fonctionnaires non payés et service public défaillants,  la ville de Rio de Janeiro semble vivre une véritable « malédiction ». Tous ces événements liés ou non à l’organisation des Jeux Olympiques apportent des ombres au tableau idyllique que faisait miroiter le rêve olympique.

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